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Détail de l'actualité

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La betterave sucrière s'invite au pays de Sarrebourg

Depuis ce printemps une nouvelle culture a fait son apparition dans le paysage autour de Sarrebourg-Phalsbourg : la betterave sucrière.

Suite à la fin des quotas betteraviers en 2017, le groupe Cristal Union a décidé d’augmenter son volume de collecte de 20 %. Cette stratégie a conduit la coopérative sucrière à proposer aux agriculteurs du Sud-Est mosellan de se lancer dans cette culture, totalement nouvelle pour eux. Le choix du secteur n’est pas anodin car limitrophe de l’Alsace (région historiquement productrice) et assez proche de l’usine d’Erstein qui a pour objectif de porter son volume de collecte à 7 500 ha dès 2017.

Les agriculteurs locaux volontaires se sont engagés par contrat pour dix ans sur une certaine surface, moyennant certaines garanties de prix pour les premières années et en devenant membres de la coopérative.

Marges brute et rendements

Du point de vue économique, en comparant les résultats du groupe local « Gestion de parcelles » de la Chambre d’Agriculture pour la culture de colza et les chiffres prévisionnels avancés par Cristal Union pour la betterave, la marge brute pour un rendement de 70 t/ha en betteraves est comparable à un colza à 32 qx/ha (frais de récolte inclus). Pour les betteraves il faut ajouter la souscription de parts sociales à raison de 1000 €/ha étalée sur neuf ans. Mais l’intérêt pour la dizaine d’agriculteurs locaux qui se sont engagés va au-delà de cette première approche. « Pour nous, éleveurs, nous espérons réaliser des économies de charges  importantes grâce à l’accès privilégié et à des prix attractifs aux sous-produits de la transformation des betteraves que sont les pulpes pour l’alimentation des bovins et les écumes pour la fertilité de nos sols » déclare Bruno Jacob, agriculteur à Hérange qui a souscrit pour 4 hectares.

Une bonne tête d’assolement

Côté agronomique, la betterave sucrière se plait bien en « terre blanche » et valorise bien les effluents d’élevage. C’est une bonne tête d’assolement qui sera suivie généralement d’un blé. Elle exige un respect scrupuleux de l’itinéraire technique, notamment au niveau du désherbage pour maîtriser certaines adventices problématiques comme le chénopode. Le désherbage mécanique et notamment le binage sont bien valorisés. Parmi les contraintes, il n’est pas conseillé de revenir sur la même parcelle avant 5-6 ans. Enfin le chantier de récolte comporte des risques de tassement de sol s’il est réalisé en conditions humides.

L’adaptation de cette culture à ce secteur ne devrait pas poser de problème particulier comme l’a montré l’expérience de culture de betteraves fourragères, relancée depuis trois ans dans le canton voisin d’Albestroff, avec des résultats intéressants malgré les stress climatiques à répétition.

 

Contact: Denis GIESSINGER, agronome

Tél : 03 87 66 12 44 ou 06 78 08 36 56. Mail : denis.giessinger@remove-this.moselle.chambagri.fr