Vous êtes ici : Accueil > Actualités > Détail de l'actualité

Détail de l'actualité

Les flux rss du siteImprimer la page

Chronique ovine : pas moins de 40 jours de lutte au printemps

Les luttes de 40 jours sont réservées aux lots de brebis adultes qui présentent des mises bas groupées sur les deux premiers cycles lors des luttes de printemps précédentes

Une des solutions pour simplifier le travail est de réduire au maximum la durée de la lutte. La surveillance des agnelages est plus facile et la mortalité des agneaux mieux maîtrisée. La conduite de l’alimentation est également beaucoup plus simple avec des économies de concentré à la clé.

Contrairement aux luttes d’automne,  il est difficile de concilier des luttes courtes et un excellent taux de fertilité au printemps.  En effet, à cette saison, ce sont les béliers qui déclenchent les ovulations par un effet mâle. Seules les brebis adultes des races dites « désaisonnées » y répondent. Mais cette ovulation est dite silencieuse, c'est-à-dire qu’elle n’est pas associée à des chaleurs. Et il faudra attendre le cycle d’après, soit 17 jours, pour que la brebis puisse être fécondée par le bélier pour la plupart des brebis. En conséquence, il est impératif de respecter une durée de lutte de deux cycles minimum, c'est-à-dire un cycle pour déclencher les ovulations et au moins un autre cycle pour que les brebis soient fécondées.

Les luttes courtes à réserver aux mises-bas déjà groupées

Et cette durée courte de lutte est réservée aux troupeaux qui présentent déjà des mises bas groupées lors des luttes précédentes sur les deux premiers cycles lors de luttes de deux mois et plus. Si ce n’est pas le cas, le risque d’obtenir de faibles taux de fertilité est important. Des luttes de trois cycles soit deux mois sont alors fortement conseillées. Une alternative consiste à utiliser des béliers vasectomisés. Ces mâles conservent leur libido mais sont rendus stériles par la rupture de leurs canaux déférents (opération chirurgicale réalisée par un vétérinaire qui coûte de l’ordre de 80 € par mâle). Après 14 jours de contact avec les femelles, ils sont remplacés par les mâles reproducteurs prêts à saillir les brebis sur leurs cycles fécondants.

Dans tous les cas, les brebis et les béliers doivent être soigneusement préparés à la lutte et le ratio mâle/femelles de l’ordre d’un mâle pour 20 à 25 femelles doit être respecté pour mettre toutes les chances de son côté.  De plus, les femelles doivent être potentiellement fertiles, c'est-à-dire avoir mis-bas lors de la lutte précédente et être taries depuis au moins un mois.

Christelle VAILLANT, technicienne spécialisée ovins viande,
et Laurence Sagot, Institut de l’Elevage/CIIRPO

Service élevage – Christelle Vaillant
Tél. 06 80 61 85 80
mail : christelle.vaillant@remove-this.moselle.chambagri.fr